Histoire de Quillan

D'après la mémoire orale, la ville devrait son nom aux trois collines environnantes, les "Trois Quilles", auxquelles elle est appuyée. Placée le long du fleuve Atax, aujourd'hui Aude, Quillan est à la croisée des voies menant au Pays de Sault, au Fenouillèdes et au Carcassès.


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Du Xe siècle au XVIe siècle

La cité, mentionnée dès le Xe siècle, comptait pour seigneurs les archevêques de Narbonne qui y possédaient un château dès le XIIe siècle. Au XIIe siècle, un grand quartier neuf sortit de terre sur la rive gauche, apportant à la vieille cité un dédale de rues, que nous pouvons voir encore aujourd'hui.

Au début du XIVe siècle, fut dressé l'actuel château, surplombant le moulin des archevêques, qui maintenant n'existe plus. La ville s'enferma alors à l'intérieur de remparts et de fossés, mais ces protections ne furent cependant pas suffisantes pour préserver Quillan pendant les Guerres de Religions. La ville et le château furent pris alternativement par les catholiques et les protestants. Après ces années de guerre, la cité retrouva sa prospérité.

Grâce à l'Aude Quillan va connaitre sa première vocation industrielle par l'utilisation de la force de l'eau : moulins à farine, scies hydrauliques, martinets, roues d'arrosage... Ces activités s'installèrent au bord du fleuve qui s'avérait être aussi un excellent moyen de transport pour les grumes provenant des forêts avoisinantes.

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Du XVIIe au XIXe siècle

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Ce dernier point fut primordial au développement de la ville. Au XVIIe siècle, l'administration royale entreprend une vaste "Réforme Forestière" et une "Maîtrise particulière des Eaux et Forêts" est alors implantée à Quillan. Dès lors des milliers de troncs d’arbres assemblés en radeaux descendient de la haute vallée pour rejoindre Trèbes et le canal du Midi. Ce labeur, confié à des spécialistes, les radeliers, nommés aussi carrassiers dans le pays, perdurera jusqu’à l’arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle.

La cité se spécialisa également dans le traitement du minerai de fer au lieu dit La Forge.

Elle fut aussi, en 1891, la première ville du département à être éclairée à l'électricité. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’industrie quillanaise connut son heure de gloire avec le développement de la chapellerie.

Du XXe siècle à nos jours

Au début du XXe siècle, près de 135 000 chapeaux de feutre étaient confectionnés chaque année dans la cité. Le propriétaire de cette usine et président de l'équipe de rugby locale permit à Quillan grâce à un fabuleux recrutement d'obtenir le titre de champion de France de rugby et de figurer sur le prestigieux Bouclier de Brennus en 1929. Malgré la réputation et la qualité de ses productions, la chapellerie déclina irrémédiablement après la Seconde Guerre Mondiale.

En 1952 l’usine "Formica", de réputation mondiale s'installa à la place et continua la tradition industrielle de la cité jusque dans les années 2000.

Aujourd’hui, grâce à son environnement préservé et aux nombreuses activités que l’on peut y pratiquer, la ville se tourne vers le tourisme vert.

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